À l’aube d’une nouvelle ère de l’IA et des « Robots »

I l y a en ce moment nombre de débats sur l’Intelligence Artificielle (IA) du fait de son utilisation de plus en plus fréquente dans tous les domaines. Pourtant l’IA n’est pas une nouveauté. D’éminents mathématiciens, professeurs, chercheurs, et j’en passe, se sont penchés dessus depuis bien longtemps. A commencer peut-être par Alan Turing.

 

“ …présentant cette IA comme l’avenir du numérique et de l’humanité…“

Qu’est-ce qui a donc changé récemment pour que cet engouement soit au devant de la scène ?
C’est certainement que les géants de l’informatique et du Web s’en sont emparés. Apple, Facebook, Microsoft et bien évidement Google investissent en masse dans l’IA, présentant cette IA comme l’avenir du numérique et de l’humanité ! Nous ne débattrons pas ici de l’inquiétude de beaucoup de savoir si c’est bien ou pas que certaines IA ou robots prennent la place de salariés. Chacun se fera une idée. La notre, pour faire court, est que le monde évolue…
 

Nous voilà donc arrivé à l’aube de l’utilisation de l’IA à l’échelle mondial. En premier lieu par ces majors du numérique mais pas que. Cela fait déjà un bon moment que les algorithmes « dirigent » vos conseillés bancaires et autres agents d’assurances. La nouveauté c’est que l’utilisation de l’IA tel que l’entendent ces majors est de permettre d’analyser et de comprendre votre comportement et surtout vos attentes, afin de vous offrir en temps réel ce dont vous avez besoin ou envie. Ca c’est le côté positif. Rassurez-vous il n’y a pas vraiment de côté négatif. Car même si le but est lucratif et est d’optimiser les requêtes et le passage d’annonceurs, cela n’est pas nouveau. Et en partageant votre vie sur la toile, et personne ne vous y oblige, vous êtes donc consentant !
Ce n’est pas cet aspect de l’IA que nous voulons vous parler. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que ces mastodontes du numérique investissent énormément dans l’IA. Comprenez que maintenant ils vont participer financièrement à son évolution et ce ne sont pas les chercheurs qui vont s’en plaindre car trouver des financements est pour eux aussi un vrai chemin de croix. C’est donc de ce point de vue une très bonne nouvelle et une nécessité. Car depuis l’arrivé du Cloud et du Big Data, il va bien falloir trier, classer, organiser, optimiser… et bien entendu rentabiliser toutes ces gigantesques données.

« simuler » ou « copier le cerveau » ?
L’IA n’est pas nouvelle en soit. Ces évolutions constantes l’on amenée maintenant à ce que l’on nomme le Deep Learning (ou apprentissage profond) déjà utilisé dans la reconnaissance d’objets à partir d’images, ainsi qu’en reconnaissance du langage naturel par vos assistants tel Siri, Cortana, et Google Now depuis quelques années déjà. Ces IA basées sur ce que l’on appelle des réseaux de neurones, tentent de reproduire le fonctionnement du cerveau humain. Rassurez-vous, les chercheurs et ingénieurs n’ont pas disséqués des humains pour mettre leurs neurones dans des ordinateurs, c’est seulement une appellation ! Nous n’en sommes qu’au début de ce Deep Learning et nul doute que ce terme sera vite remplacé par un autre plus approprié à la future évolution de l’IA. Le but étant qu’elle soit encore plus intelligente afin d’arriver à « simuler » le plus possible le cerveau. J’utilise le mot simuler volontairement car c’est vrai que j’aurais pu dire : « copier le cerveau ». Mais nous en sommes encore loin.
 

N’ayez pas peur !

Nous sommes bien loin des IA du début des années 80 qui tenaient dans quelques kilo-octets mais qui pourtant étaient déjà bluffantes. Le plus souvent dans un seul domaine. L’une des premières application de l’IA fut dans les jeux et plus particulièrement le jeu d’Échecs. J’ai toujours dans mon placard de Oldies, un Kasparov Chess Computer (jeu d’Échecs électronique) dont l’IA tient dans 5 Ko de mémoire. Pour vous faire une idée, cela correspond à une image couleur de 40×40 pixels ou si vous préférez, moins de place que prend une icône sur le bureau de votre ordinateur.

Kasparov Chess Computer MK 10
Kasparov Chess Computer MK 10
“…disponibilité en tous lieux et en tout temps…“
Aujourd’hui, les algorithmes n’ont plus ce problème de place. Les échelles sont complètement différentes avec Internet, le Big Data, tout est accessible de partout. C’est bien cette disponibilité en tous lieux et en tout temps qui permet aujourd’hui aux IA de se démocratiser dans tant de domaines. Aujourd’hui, de petites entreprises peuvent désormais avoir accès à des ressources quasi illimitées alors qu’auparavant il leur fallait avoir leur propre centre informatique pour avoir accès à des fonctions bien moins performantes qu’aujourd’hui.
L’IA a fait d’énormes progrès. Watson le fer de lance d’IBM en fait chaque jour la démonstration. Des milliers d’entreprises et de centres de recherches utilisent Watson au quotidien. Ses domaines de compétences n’ont en fait aucune limite.
Vous aussi vous pouvez l’utiliser ! Il suffit de s’inscrire auprès d’IBM pour avoir accès aux API (Application Programming Interface, soit en français : Interface de Programmation Applicative) qui permettent à tout un chacun d’inclure certaines fonctions de Watson dans nos propres programmes. IBM offre même à tous la possibilité d’utiliser gratuitement ces services (dans une limite de requêtes mensuelles). Enregistrez-vous à cette adresse : https://www.ibm.com/account/us-en/signup/register.html
Les géants du numérique cités plus haut « offrent » également leurs services d’IA. Facebook par exemple avec ses ChatBots qui permettent d’inclure un « robot » de dialogue permanent sur leurs pages pour répondre 24h sur 24 aux clients.
 

Et le robot dans tout cela ?

Nous venons d’utiliser le terme « robot » ci-dessus avec Facebook. Chez Friends Of Buddy, nous n’aimons pas cette utilisation à tout va du terme « robot » car dans le cas cité plus haut, il s’agit juste d’algorithmes et non pas de robotique. Mais d’ailleurs que serait la robotique sans IA ? Rien de plus qu’un robot mixeur !

“…Rien de plus qu’un robot mixeur !“
La robotique a fait elle aussi d’énormes progrès. Nous sommes loin des années 80 (encore elles !) avec nos petits robots construis avec quelques pièces de plastique (ou de bois et métal pour les plus bricoleurs), un petit moteur, guère plus d’un ou deux capteurs et de quelques kilo-octets disponibles sur Eprom pour y stocker un semblant d’IA. Eprom que peu avaient la possibilité de reprogrammer d’ailleurs. Aujourd’hui, nous pouvons reprogrammer les composants pratiquement à la volée sans même recourir à des câbles, en utilisant par exemple le Bluetooth. Idem pour les robots qui ont désormais accès à Internet, décuplant encore les possibilités.
Mais revenons sur ce terme « robot » dont nous déplorons l’utilisation abusive puisque l’on y trouve tout et presque n’importe quoi. Dans cette marmite « robot » on y voit des services tel les ChatBots de Facebook, les voitures autonomes, les robots d’usinage à l’ancienne, les nouveaux dénommés CoBots (pour Robots Collaboratifs), les robots de cuisines, les robots aspirateurs ou nettoyeurs, etc… Fort heureusement, dans cette marmite on y voit également des robots (de robotique) mais là aussi, les types de robots ne cessent de s’agrandir. Echo le « robot » d’Amazon doit-il lui aussi entrer dans la marmite ? C’est certes une IA dans un objet mais cet objet se résume en un simple cylindre équipé d’un haut-parleur, d’un micro et d’une connexion à Internet. Il ne bouge pas d’un pouce, n’a aucune possibilité d’interaction avec son environnement physique. Idem pour le projet Jibo qui est pourtant très réussi et quelque peu animé mais là encore son impact sur son environnement est inexistant sauf peut-être pour celui qui le regarde se dandiner sur place. Sans parler de tous ces objets connectés qui pour certains pourrons avoir une IA déportées. Faut-il garder l’exclusivité de l’appellation aux robot humanoïdes ? Pas simple mais Buddy est un bel exemple car ce n’est pas un robot humanoïde mais pourtant, pour nous il correspond à ce que peut être un robot. Les formes ne cessent donc de se multiplier. Marchants, rampants, roulants et même volants. Ils ont tous, en partie, leur place dans la famille « robot ». Garder l’exclusivité aux robots humanoïdes c’est un peu comme croire que des extra-terrestres existent mais que sous forme humaine. C’est réducteur. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut y mettre tout.
 

Dessin-Wait

Changer l’utilisation de « robot » ?

Chez Friends Of Buddy nous avons souvent de longues discussions sur ce thème et nous éprouvons tous le même sentiment à savoir, trouver un nouveau mot pour définir tous ces robots qui vont nous accompagner au quotidien. A commencer par Buddy (car si vous êtes en train de lire cet article c’est que vous aussi vous aimer Buddy !) mais pas seulement. Il y aura bien évidement d’autres versions de Buddy ou d’autres robots conçus par Blue Frog. Ainsi que toute cette vague de robots qui arrivent sous peu sur le marché, de toutes origines (Amérique, Asie, Europe…) et de toutes formes. Certains seront spécialisés comme par exemple les robots d’assistance médicale tandis que d’autres auront un spectre plus large comme Buddy. Évidemment on pourrait continuer à faire comme on le fait aujourd’hui c’est à dire compléter « robot » par un adjectif décrivant son type comme : Robot Compagnon, Robot d’Assistance, jusqu’à pourquoi pas le Robot Farceur. Mais nous trouvons que ce n’est plus adapté. Surtout qu’en plus, à l’origine le mot « robot » vient du Tchèque (rabota) et veux dire « travail ». Donc un robot compagnon serait si on pousse un peu, un esclave ! 
Vous me direz : « quel est l’intérêt ? »
 Il est à nos yeux assez important.
Dit-on une voiture-marchandise pour décrire un camion ou bien une voiture-flottante pour désigner un bateau ou encore une voiture-volante pour parler d’un avion ? Vous avez compris notre vision…
Mais vouloir trouver un nouveau mot c’est également définir son champ d’application. Or, à ce jour il est impossible de prédire ce que seront exactement les robots de demain.
Nous n’avons pas la prétention de trouver de nouveaux mots pour chaque type de robots qui existent et ceux à venir mais serions heureux que cette idée soit reprise.
 

Des robots pour tous !

La gamme de nouveaux robots qui arrivent dès 2017 est affolante tant par le nombre que par leurs formes et capacités. Ce qui change c’est que demain ces robots arrivent chez Monsieur et Madame tout le monde. La robotique qui était jusqu’alors réservée aux chercheurs et passionnés va s’introduire dans vos maisons (avec votre consentement, cela va de soit) et cela change tout !
Jusqu’alors, les ingénieurs, programmeurs et scientifiques spécialisés en IA/robotique étaient campés dans des laboratoires de recherche. Dorénavant, par le bais de ces robots ils vont devoir faire face au grand public et sortir de leurs salles blanches et prendre des bains de foule ! Nul doute que cela changera leur vision des robots puisque leurs « bébés » vont se retrouver dans des familles, chez des personnes isolées voir dépendantes… Y on t-ils réfléchis avant cela ? Peut-être pour certains. Une chose est claire c’est que quelques uns vont connaître la gloire et espérons-le, faire en sorte que le développement des IA et des robots aille dans le bon sens. Et quand nous disons « bon sens » nous ne le pensons pas qu’au premier degré !
 

Du cerveau à l’IA.

Mais revenons à l’IA qui s’affranchit également des limites des salles blanches. Elle est déjà chez vous et même sur vous (votre smartphone ou capteur connecté). N’ayez pas peur pour autant car même si des entreprises financent les recherches, elles ont toutes à l’esprit (enfin plutôt les hommes et femmes qui y travaillent) de concevoir quelque chose de contrôlable par l’humain. Voir même, dans le meilleur des mondes, de concevoir des IA qui auront une part d’humanité. Sans cela, les pires scénarios catastrophes des nombreux films ou romans qui abordent le sujet se réaliseront peut-être. Si les plus grands de ce monde ont fait part de leurs inquiétudes sur le sujet ce n’est pas pour rien. Comme quoi l’Homme, volontairement ou involontairement, protège son espèce. C’est dans ces gènes !
De toutes façons, avant d’égaler le cerveau humain, il y a encore du chemin à faire. Tant soit peu que cela soit possible. Car qu’est-ce que le cerveau, comment fonctionne t-il réellement ? Ces questions sont en grandes parties sans réponses.

On est loin de reproduire la « magie » qui opère dans le cerveau.
La puissance d’un cerveau même si elle est mathématiquement dépassée par les ordinateurs actuels, ne repose pas simplement sur des calculs. Les meilleurs chercheurs en IA l’on bien compris et même si l’IA repose sur des réseaux de neurones (pour rappel c’est juste une appellation), qui n’est que l’assemblage d’algorithmes hébergés par des ordinateurs ayant accès à des Big Data. On est loin de reproduire la « magie » qui opère dans le cerveau. Si en plus, vous souhaitez y introduire l’aspect métaphysique ou divin, les choses se compliquent de façon tellement exponentielle que cette courbe tend à vous faire revenir en permanence au point de départ.
 

À l’image de l’Homme ?

Depuis la nuit des temps, l’Homme cherche à reproduire l’œuvre que beaucoup attribuent au divin, en essayant de recréer l’Homme. Cela a commencer peut-être avec le mythe de Pygmalion et de la statue Galatée qui pris vie, bien qu’il ne s’agisse dans ce cas que d’une statue qui aurait pris vie par le pouvoir du divin. Plus près de nous, c’est Léonardo Da Vinci qui fut peut-être l’un des premiers à dessiner (et peut-être à fabriquer) un robot humanoïde. Un chevalier en armure. Certes, il n’était pas autonome mais néanmoins il était fonctionnel.

“…Léonardo Da Vinci qui fut peut-être l’un des premiers…“
Idem dans la poursuite de l’IA absolue. Copier le cerveau humain afin de reproduire son mécanisme et surtout de rendre la machine aussi intelligente que l’Homme est en quelque sorte toujours le même but. Est-ce la bonne voie ? L’idée de copier le cerveau part tout simplement du fait que nous ne connaissons rien de mieux ! D’ailleurs si quelque chose de mieux existait, serions nous en capacité d’en percevoir la portée ? J’en doute. Nous n’arrivons toujours pas à comprendre l’exact fonctionnement de notre propre cerveau. Là aussi, nombre de débats ont lieu entre les divers mouvements et ils n’ont pas finis !
 
Leonard Da Vinci | The Knight Armor Robot (Photo source Wikipedia Commons)
Leonard Da Vinci | The Knight Armor Robot (Photo source Wikipedia Commons)

Consciences, pensées, et sentiments…

Une autre question fait également couler beaucoup d’encre. Savoir si les IA et les robots doivent avoir la possibilité d’avoir leurs propres sentiments et avoir une conscience (sous condition que les IA arrivent à copier parfaitement le cerveau). Ici encore une fois, on sort du champ des ingénieurs et des chercheurs pour se rapprocher beaucoup plus des philosophes. Les mouvements de pensées en la matière sont nombreux et parfois contradictoires. Une chose est certaine, c’est qu’en voulant recopier le fonctionnement du cerveau, il est implicitement inclus la possibilité que ces IA puissent avoir un jour des sentiments en tout cas aux yeux des utilisateurs. D’ailleurs, avez-vous remarqué comme nous étions déjà préparés inconsciemment à cela ? Oui, par exemple, enfants nous prêtions vie à de simples objets qui n’ont pourtant pas d’IA et sont souvent dépourvus de mécanisme. Nous parlions tous à nos figurines, nos peluches, nos poupées, leur prêtant des rôles pour nos jeux. Les utilisant pour discourir avec nous même pour au final nous faire évoluer. Tout en gardant bien évidemment le contrôle, c’est en cela que la proposition de Google de « réinventer » le bouton rouge (On/Off !) sur les robots n’est pas si stupide. C’est tout simplement du bon sens. Dans quelques décennies (ou plus), quand les robots seront devenus aussi communs que le sont aujourd’hui les voitures et que bon nombres de familles en auront adoptées un voir même plusieurs, sans aucun doute que la question se reposera. Surtout si l’Humanité arrive à mettre en place un droit des robots à condition de ne pas inclure sous ce terme tout et n’importe quoi.
 

Cocorico !

Hé oui, cocorico ! Car les français ne sont pas en reste dans ces domaines (IA et robotique), ils sont même pour certains, les meilleurs au monde. Facebook par exemple pour ces travaux de recherche en IA a embauché le chercheur Yann LeCun pour diriger son laboratoire d’intelligence artificielle FAIR à New York.
Idem derrière Watson d’IBM se cache un scientifique français qu’IBM à promu vice président de Watson Core Technology en 2012 à la suite du rachat de sa société Vivisimo qu’il avait créer en 2000 et avec laquelle il avait développé avec son équipe des solutions de recherches (pour faire court) dans les données des Big Data.
Il y a quelques années de cela, Sony avait fait appel à Frédéric Kaplan qui a travaillé une dizaine d’année sur les AIBO qui fut l’un des premiers robot à entrer dans les maisons.

A vous maintenant de faire parti de ceux qui feront les robots de demain !

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